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Annulation de la marche des fiertés : l’impréparation des pouvoirs publics !
jeudi 25 juin 2026, par
Le vendredi 25 juin, le préfet de police de Paris a imposé à l’InterLGBT parisienne d’annuler la marche des fiertés qui devait se tenir le 26 juin à 13h, soit 24 heures plus tard. Le festival Solidays qui finance notamment l’aide à la prévention et à la recherche contre le sida est aussi concerné.Cette décision à la hâte illustre bien l’impréparation des pouvoirs publics à un épisode caniculaire qui n’est pas le premier et ne sera surtout pas le dernier.
Malgré un dispositif sanitaire renforcé par l’InterLGBT jusqu’au dernier moment de la négociation, le préfet de police craint une saturation des services hospitaliers déjà pleins à craquer. Argument qui suscite l’incompréhension, quand on découvre que certains événements sportifs ou encore les événements organisés à grande échelle par des organismes privés en parallèle de la marche des fiertés ne sont pas impactés. Cette situation n’est cependant que le résultat d’un mépris total du réchauffement climatique et d’un abandon progressif des services publics : hôpitaux, écoles, transports ... L’épisode du Covid et la canicule de 2003 n’auront visiblement pas servi de leçon !
Le ministre du travail déclarait de son côté que mettre la France à l’arrêt au-dessus de 30 degrés était irresponsable. N’est-ce pas irresponsable d’imposer à des millions de travailleur·euses de se mettre en danger dans des structures inadaptées aux chaleurs écrasantes de ces derniers jours ?
Dans les écoles, les ministères ont quant à eux laissé des milliers d’élèves passer leur examen dans des conditions parfois infernales, au sein de locaux devenus des bouilloires thermiques, dépassant le plus souvent les 35°C. A l’Université, plusieurs étudiant·es ont été victimes de malaises en plein examen car obligé·es de composer sous ces mêmes températures sans aucun aménagement. Et, face au manque d’anticipation politique, de moyens et au refus des ministres d’écouter les propositions des organisations syndicales, les personnels ont dû innover pour
tenter de faire baisser la température dans les locaux quand d’autres bénéficiaient de salles climatisées, révélant encore davantage l’inégalité des chances dans notre pays.
C’est donc une gestion à géométrie variable qui prive aujourd’hui les personnes LGBTQIA+ de pride et d’une occasion de défendre leurs droits, de se rendre visible, et de lutter contre les discriminations. La décision du préfet de Paris a des conséquences graves sur le monde associatif, déjà lourdement impacté par les baisses des subventions ces dernières années. C’est notamment un coup de plus porté à la lutte contre le VIH-Sida. L’Etat doit compenser les pertes financières liées à l’annulation des marches et des festivals.