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Journal 73
jeudi 22 mai 2014, par
▪Edito Le saupoudrage- p 2 & p3 : M@gistère !
- p 4 : Rythmes : la farce perdure...
- p 5 : Annualisation des PE
- ▪INFOSUD/page6
EDITO.
Après bientôt deux ans d’une présidence de la République annoncée comme étant celle du changement et de la refondation de l’école, la réalité est ressentie comme tout autre. Le choix des mots a créé des espoirs : enfin, des réformes s’attaqueraient aux inégalités des droits et aux mécanismes de reproduction des inégalités sociales en donnant aux personnels les moyens de lutter contre les difficultés et l’échec scolaire. Aujourd’hui, des promesses de refondation il ne reste plus grand chose. Un lent avachissement du projet s’est produit à coup de priorités successives, priorités de plus en plus étroites à chaque nouvelle annonce ministérielle : priorité à l’éducation et à la jeunesse dans un premier temps, rapidement transformée en priorité à l’école primaire, puis priorité à l’éducation prioritaire, puis priorité à seulement une centaine de secteurs Eclair, priorités qui aboutissent finalement au niveau départemental à un fonctionnement à moyens constants. La majorité parlementaire, les représentants du ministère et leurs partisans se pâment devant ce saupoudrage quand, pour la grande majorité des personnels et des élèves, aucune trace des 60 000 postes à créer sur le quinquennat n’est visible. Dans notre département, les fermetures des classes et les retraits de poste en collège actés aboutiront à des effectifs lourds par classe dans les écoles et collèges concernés. Les mensonges sur les créations de postes sont d’autant plus scélérats qu’en faisant passer auprès de l’opinion publique l’Education nationale pour un ministère privilégié, le gouvernement nous expose particulièrement aux tours de vis des politiques d’austérité. Une autre priorité a été annoncée par notre ministère : la formation des professeurs. Malgré cela, en septembre, nous verrons encore des professeurs stagiaires envoyés dans les classes dès la rentrée sans formation. Globalement, concernant la formation initiale, même si des détails évoluent, pour l’essentiel nous sommes dans la continuité des réformes de la droite : la masterisation est renforcée, les Espé sont noyés dans les universités. Sur ce qui sert de formation continue, avec l’évolution vers la formation à distance, se mettent en place les recettes de la formation sans formateur. Imposer cela à des enseignants, quel cynisme !
Et puis la farce des rythmes scolaires demeure, après deux années de "réflexion", une plaisanterie rebondissante après les dernières annonces. Que de temps et d’énergie passés autour d’une réforme précipitée, mal fichue et inutile quant à la lutte contre l’échec scolaire ! Cette réforme était censée revenir sur la semaine organisée par Darcos (en résumé : réduction du temps de classe hebdomadaire, remplacement des Rased par l’aide personnalisée, et de la formation continue par les animations pédagogiques). L’extrême variété des organisations acceptées par les services départementaux est bien la confirmation que le respect du rythme supposé des enfants n’est qu’un affichage. Pour SUD éducation, cette réforme n’a jamais été qu’un écran de fumée pour tenter de faire croire, à moindres frais, que le ministère s’attaquait aux problèmes du système scolaire. Les enfants, et en particulier les plus jeunes, sont beaucoup plus les victimes que les bénéficiaires de cette réforme associée à une accentuation prodigieuse des inégalités territoriales. Les personnels aussi pâtissent de cette réforme. Le contenu du temps scolaire, quant à lui, n’a toujours pas changé en deux ans. Deux ans, c’est le temps qu’il a fallu pour monter cette usine à gaz qu’est le conseil supérieur des programmes, pour qu’il travaille à une charte et qu’il se rende enfin compte qu’il était urgent d’aménager les programmes de 2008. Il va encore lui falloir beaucoup de temps pour réfléchir et on nous annonce que les nouveaux programmes de l’école élémentaire ne seront totalement opérationnels qu’au prochain quinquennat. On croit rêver. En se précipitant pour faire voler en éclat les cadrages horaires des écoles alors que le ministère prenait un temps indécent pour commencer à se poser la question de ce qu’on fait à l’école, parce qu’il n’a pas du tout été convaincant sur les effectifs dans les classes, sur les moyens de lutter contre l’échec scolaire, sur la formation des personnels, pour SUD éducation l’actuel bilan est lamentable. Hélas, la constitution d’un nouveau gouvernement encore plus dévoué que le précédent au dogme du paiement d’une dette qui n’est pas la nôtre, est le signe que l’engagement financier qui pourrait permettre d’envisager une refondation de l’école ne sera pas pris. Le saupoudrage restera le principe de fonctionnement de la rue de Grenelle et, par conséquent, ici, dans la Manche.
Spécial :Elections professionnelles.
